Selon une enquête de l’ONU, Israël mènerait une campagne délibérée de destruction des infrastructures médicales à Gaza. Les frappes ciblées et les attaques contre le personnel soignant s’inscriraient dans une stratégie plus large de l’offensive militaire en cours.
Une politique de destruction délibérée
La situation à Gaza continue de se dégrader sous le poids des frappes israéliennes. Une commission d’enquête indépendante de l’ONU a accusé, jeudi 10 octobre, Israël de chercher à démanteler le système de santé de l’enclave palestinienne. Selon ce rapport accablant, l’État hébreu viserait directement les infrastructures médicales tout en torturant et tuant le personnel soignant.
« La destruction des installations de santé fait partie d’une politique concertée dans le cadre de l’offensive militaire », a souligné la commission dans un communiqué. Les enquêteurs estiment que ces actes pourraient être qualifiés de « crimes contre l’humanité », compte tenu de leur ampleur et de leurs conséquences dévastatrices sur la population civile.
Des frappes meurtrières sur une école à Gaza
Le Croissant-Rouge palestinien a confirmé la mort de 28 personnes, victimes d’une frappe israélienne sur une école de la bande de Gaza. L’attaque, qui a également blessé 54 personnes, a eu lieu dans le centre de l’enclave. L’armée israélienne, de son côté, a justifié cette frappe en affirmant viser des « terroristes » opérant à partir d’un poste de commandement dissimulé dans des bâtiments scolaires.
Ces violences ajoutent encore à la détérioration rapide des conditions de vie à Gaza, où la population souffre d’un accès réduit aux soins et aux médicaments en raison des attaques contre les infrastructures sanitaires.
Les États-Unis appellent à la retenue
Face à l’escalade des tensions, les États-Unis ont exprimé leur inquiétude et appelé Israël à éviter un scénario similaire à Gaza dans ses opérations au Liban. « Il ne doit pas y avoir de répétition des actions menées à Gaza », a averti Matthew Miller, porte-parole du département d’État américain. Cette déclaration survient après une conversation entre le président Joe Biden et le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, au cours de laquelle Biden a insisté sur la nécessité de limiter les impacts sur les civils au Liban.
Israël frappe également en Syrie
Parallèlement aux événements à Gaza et au Liban, des frappes israéliennes ont visé la région de Homs, en Syrie. D’après l’agence officielle syrienne, une usine automobile dans une zone industrielle a été touchée. L’usine contenait, selon les sources syriennes, des véhicules chargés de fournitures médicales et de secours, ce qui renforce les accusations sur les frappes visant des infrastructures humanitaires.
Des secouristes pris pour cible au Liban
La violence s’étend également au sud du Liban, où l’armée israélienne intensifie ses incursions terrestres et ses frappes aériennes. Cinq secouristes libanais ont été tués dans une attaque contre une caserne de la Défense civile à Dardeghaya, une localité proche de la frontière israélienne. Cet incident souligne une nouvelle fois les risques encourus par le personnel humanitaire dans ce conflit, de plus en plus meurtrier.
La situation dans la région continue de s’aggraver, alors que les appels à la retenue se multiplient de la part de la communauté internationale. Les accusations portées par l’ONU, si elles sont avérées, risquent de peser lourdement sur le débat mondial concernant le respect des droits de l’homme dans les conflits armés.
Source : francetvinfo.fr