Sanofi envisage de vendre sa filiale Opella, productrice du célèbre Doliprane, suscitant des inquiétudes quant à la souveraineté sanitaire française.
Le Doliprane, incontournable des cabinets médicaux français, pourrait bientôt changer de main. Le géant pharmaceutique Sanofi a annoncé qu’il entrait en négociations avec le fonds d’investissement américain CD & R pour céder le contrôle de sa filiale Opella, responsable de la fabrication de ce médicament emblématique. Cette initiative soulève de vives inquiétudes parmi les responsables politiques français, qui craignent des implications sur la souveraineté sanitaire du pays.
Une opération qui interroge
Le projet de cession a provoqué une réaction immédiate dans le paysage politique. La filiale Opella, qui opère dans près d’une centaine de pays, produit non seulement le Doliprane, mais aussi d’autres médicaments très prisés comme le Dulcolax et le Maalox. Toutefois, les détails de cette transaction restent flous, alimentant les spéculations sur les conséquences d’une telle vente.
Souveraineté sanitaire en jeu
Le sujet est devenu brûlant, notamment après la publication d’une tribune dans « La Tribune dimanche », où les parlementaires socialistes ont exprimé leur opposition à cette cession. Ils exigent que le gouvernement refuse le rachat et s’assure que Sanofi conserve un contrôle national sur ses activités essentielles pour la santé publique. Le ministre de l’Économie, Antoine Armand, a également pris position en déclarant que maintenir la production du Doliprane en France est crucial pour la stratégie industrielle et sanitaire du pays.
Le Doliprane, qui se classe comme le médicament le plus vendu en France, représente une part significative du chiffre d’affaires de Sanofi, avec 453 millions de boîtes produites en 2023, soit environ 12 % des 43,1 milliards d’euros de chiffre d’affaires de l’entreprise, selon « Le Parisien ».
Un avenir incertain
La cession de la filiale Opella pourrait avoir des répercussions majeures sur l’approvisionnement de médicaments essentiels en France. Les acteurs politiques appellent à la vigilance et au maintien d’un contrôle national sur la production, pour garantir que les intérêts sanitaires des Français ne soient pas mis en péril par des décisions d’investissement étrangères.
Dans ce contexte, la question reste ouverte : le Doliprane continuera-t-il d’être un produit phare fabriqué en France, ou verra-t-il son destin influencé par des intérêts américains ? Les prochains jours seront cruciaux pour déterminer l’avenir de cette icône pharmaceutique.